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  • Isabelle

Planète-océan

Il existe quelque part, dans l’immensité de l’espace au milieu de cet infini ni vide ni désert, une métaphore, la métaphore de cet univers démesuré. Il s’agit d’une planète-océan, entièrement recouverte d’eau. Neuf satellites la ceignent, tel un collier de perles, la protégeant des dangers stellaires tout en la maintenant unifiée. Un soleil généreux, lanterne géante à l’éclat chaleureux, inonde ce monde aquatique, le rendant fécond.

Ainsi, ces eaux profondes ont engendré une vie riche et multiple qui prospère jusque dans les plus sombres abysses où les créatures y génèrent leur propre clarté. Plantes et animaux, laves et roches cohabitent en un pacifique équilibre dans un environnement façonné par les courants marins, les tempêtes de surface, les pressions extrêmes et les températures capricieuses.

Les planchers océaniques sont sculptés par les éruptions volcaniques, créant des reliefs aussi variés que grandioses. Sommets vertigineux et abîmes insondables, hauts plateaux et vallées étroites, autant d’habitats pour une vie foisonnante.

Là où la lumière solaire prodigue ses bienfaits, la végétation luxuriante s’épanouit, alors que là où elle s’évanouit, d’autres formes de plantes prospèrent, leur bioluminescence tapissant les grands fonds d’un doux halo. Là où la chaleur n’est plus, l’eau mue, transmute, se solidifie en langues glacées qui serpentent dans les recoins les plus reculés, les plus insondables.

Flottant en apesanteur, éponges, coraux ou roches poreuses, îlots minuscules ou imposantes montagnes, voguent à la dérive, entre deux eaux, tels des nuages dans le ciel. Ces refuges voyageurs abritent tout un petit peuple qui vit, se nourrit et meurt en mode nomade dans leur sillage. Bariolés, bigarrés, colorés, des mollusques aux formes étranges, des coquillages massifs ou des poissons-volants aux nageoires translucides se côtoient sans jamais s’agresser. Pour se nourrir ils broutent algues, champignons, mousses ou lichens de mer, se régalent de sucs, laits, miels ou nectars. Point de prédateurs, uniquement de placides herbivores qui n’ont à redouter que les fureurs des vagues.

Sillonnant les vastes étendues, de gigantesques léviathans, paisibles baleines guérisseuses, chantent et modulent pour soigner la planète-océan et maintenir l’harmonie de ses champs vibratoires. Compagnons bondissants et joyeux, des dauphins les secondent dans leur précieuse tâche. Ces créatures bienveillantes, d’une spiritualité supérieure, ont compris qu’elles s’étaient incarnées dans la matière afin de vivre la densité. Une densité fluide, sans attaches, uniquement tournées vers les relations, les émotions, juste pour ressentir le bonheur d’être, ici et maintenant. Expérimenter la densité dans un élément lui-même vivant et constitutif des êtres vivants, pourvu d’une mémoire, capable de connaître les états solides, liquide et gazeux, capable de vivre des cycles, de se déplacer en de puissant flux, de générer des marées grâce à ses neuf lunes. Ses flots se séparent, s’évaporent sous les ardeurs du soleil pour devenir nuage, retomber en pluie et retrouver, enfin, la matrice originelle.

 

 

Anne, le 22.07.2023

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